Business et friperie en Tunisie : combien pèse l’industrie de la fripe ?

que deviennent les vêtements des bennes Emmaüs

Business, friperie et collecte de textile : les chiffres que vous ne saviez pas

Tunisie : le business du chiffon, Arte, janvier 2018, 24′

(Merci à Ethizedo qui m’a fait découvrir ce reportage)

 

5 milliards d’euros. 230 millions d’euros en France. C’est ce que vaut et rapporte le business de la friperie et des bennes collectrices de textiles. Je n’aurai jamais cru une telle somme. Je vous invite fortement à regarder ce mini reportage business friperie réalisé par Arte. Je vous le recommande car il soulève quelques questions. Il ne tombe pas dans la polémique mais montre les faits tels qu’ils sont. Ou alors c’est moi qui ne suis pas spécialement outrée ?

reportage arte sur le business friperie

 

La friperie et les associations : modèle vertueux ?

Les associations ont monté un véritable business avec la récupération et réemploi de textiles déjà utilisés. Ce qui a le mérite de créer de l’emploi un peu partout dans le monde (Maghreb, Afrique Subsaharienne mais aussi en France), de faire avec ce qui existe déjà. Toutefois et contrairement à ce que l’on pense, c’est une infime partie des vêtements qui est redistribuée aux nécessiteux (regardez le documentaire pour en connaître une des raisons). De plus, dans l’ inconscient collectif, on imagine le modèle de la friperie, benne collectrice comme peu polluant (peu ou pas de transformation, d’extraction de matières premières). Bref la récupération de vêtements c’est socialement, économiquement et environnementalement vertueux. En apparence, une solution positive face aux excès du libéralisme (prêt-à-porter de masse en particulier). Il y a quand même deux choses qui me posent question à la fin du visionnage.

Ce qui m’embête c’est que les vêtements sont expédiés assez loin (Afrique, Asie) pour être retraités. Est-ce si « vert » que ça en matière de mobilité et de logistique ? On ne fabrique pas de vêtement, mais on utilise de l’énergie (principalement fossile) pour transporter ces derniers… parfois vers les pays où ils ont été originellement fabriqués !

 

Friperie et économie circulaire

friperies et seconde main : combien ca rapporte business friperie
Tunisie le business du chiffon, Arte 2018

Mais surtout : la friperie, la réutilisation de ces produits s’inscrit dans le cadre de l’ESS, de l’économie circulaire, de la croissance verte. Bref au sein de toutes ces tendances économiques qui se posent comme des solutions face au capitalisme et à la fast fashion. Des initiatives qui sont donc saluées comme remèdes face à l’exploitation de matières premières, des pesticides utilisés pour la culture du coton etc. OR, or ces activités tirent leurs bénéfices de ce même capitalisme. Ces milliers et millions de tonnes de vêtements dont on se débarrasse chaque jour sont issus (en majorité) de la fast fashion, elle même résultante de l’économie libérale. Est ce que l’économie de la friperie veut et peut vraiment changer la donne ? N’a-t’elle pas intérêt à ce que la fast fashion progresse, ou tout du moins se maintienne ? Paradoxal, n’est-ce pas ?

 

Imaginons [dans le plus vertueux des mondes] que cette tendance ” slow fashion ” et ” du vive le seconde main” fasse reculer la consommation de vêtements et donc le débarras de ces derniers. Les bennes Emmaüs, le Relais and co pourraient se vider ? Et donc moins de travail, de chiffre d’affaire… Ou vais-je trop loin ?

 

Mon interrogation est celle-ci. Comment faire de la friperie, réemploi textile etc. un modèle durable ET indépendant du prêt-à-porter de masse. Loin de moi l’idée et l’envie de casser cette nouvelle économie.

Je vous en prie : visionnez et commentez.

Jaymes

 

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